LETTRE OUVERTE A J.P ALDUY



M. LE MAIRE



Je voudrais attirer votre attention sur le peu de participation des habitants de Perpignan aux décisions concernant la ville. Même si traditionnellement les citoyens laissent le conseil municipal oeuvrer comme bon lui semble, les structures permettant la confrontation des idées et des projets des résidents de Perpignan sur leur ville n'existent pas.

Je prends donc la liberté de vous soumettre un exemple de démocratie participative à l'échelle d'une ville. Depuis 1989, les maires successifs de Porto Alegre (Brésil) font intervenir les résidents dans l'élaboration du budget. Tout d'abord, la ville a été découpée en secteurs et des réunions dans chacun de ces secteurs sont organisées pour permettre aux résidents de ceux-ci et à eux seuls, de discuter des problèmes locaux. Mais comme certains problèmes dépassent le cadre du quartier, cinq autres structures sont créées, débattant :des transports et de la circulation; du développement économique et de la fiscalité ; de l'organisation de la cité et du développement urbain ; de la santé et de l'assistance sociale ; de l'éducation de la culture et des loisirs. Ces différentes structures sont bien entendus ouvertes à toute personne désirant y assister.

Tous ces cadres de discussion, qu'ils soient sectoriels ou municipaux, se doivent de dégager les priorités estimés et de mettre en place une hiérarchisation des demandes. Puis comme on n'est jamais mieux servis que par soi-même, des délégués élus dans chacune des structures sectorielles ou municipales, auront la charge de présenter leur projet lors d'un conseil -le GAPLAN - regroupant tous ces délégués. Le GAPLAN prépare un budget prévisionnel pour l'année suivante qui sera soumis au conseil municipal.

A quoi sert un conseil municipal dans ce cas là me direz vous ? La charge des élus de Porto Alegre est d'écouter, de proposer des améliorations si besoin est ; enfin de ratifier un budget devenu réellement participatif car eux seuls en ont démocratiquement le droit, de part leur statut d'élus. Mais ce n'est pas tout, une fois le budget accordé, ils doivent vérifier le bon déroulement des travaux et en rendre compte aux différentes structures de discussion.

Depuis 10 ans, on se rends compte que les résultats sont bons autant pour la population, qui a très sérieusement amélioré ses conditions de vie et elle partait de loin , que pour la ville qui équilibre enfin ses budgets. Non, social et économie ne sont pas forcément antinomique. Le côté positif que je dégagerai de tout cela, est cette séparation entre la compétence et la décision. Pourquoi en France élisons-nous des hommes qui doivent être de super héros capables seuls et mieux que quiconque de prendre les bonnes résolutions ? Pourquoi n'élirions nous pas juste des super-intendants, une sorte de conseil des sages ? pour le reste faisons confiance aux compétences des gens du terrain, dont certains et j'en suis sûr, sont prêts à s'investir dans un projet pour lequel ils seraient compétents. C'est en tout cas faire preuve de peu d'efficacité que de se passer d'eux.

M. le maire, il est temps pour nous de nous intéresser à nouveau à notre ville. Je vous demande donc de créer les structures nous permettant cet investissement personnel.

Dans l'attente d'une réponse favorable, je vous prie M. le Maire d'accepter mes salutations distinguées.

Greg

-Automne 2000-




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